01 décembre 2006
Kinshasa : Calme apparent ...
Vendredi 01 décembre 2006. Quatre jours après la publication des résultats des présidentielles la vie à Kinshasa, capitale de la République Démocratique
La population kinoise et congolaise en général craignait un bain de sang avant, pendant et après la proclamation du second tour des élections présidentielles en RDC par la Cour Suprême la Communauté la Mission la Communauté
Cependant Kinshasa n'est pas si calme que ça, entre les sirènes des cortèges qui préparent la prestation de serment du nouveau président "démocratiquement" élu, les gens se bousculent pour pouvoir être repris sur la liste des nouveaux ministres. Et cette bousculade se fait aussi bien dans le camp de Kabila que dans d'autres camps... suivez mon regard. Le politicien congolais est passé maître dans l'art de la versatilité. Tenez, prenez Arthur Zaidi N'goma, Vice-président sortant. Il est passé du Rassemblement Congolais pour la Démocratie
Autre endroit qui bouillonne, l'opposition... De longue date la RDC
Kinshasa bouge encore parce que tout le monde se demande ce que ce sont dit Kabila et Bemba hier jeudi 30 novembre 2006 lorsque Kabila s'est rendu chez Bemba pour une visite... de courtoisie. Rien n’a filtré de leurs entretiens. Tout le monde pense qu'ils ont parlé de la sécurisation de la ville d'ici le 06 décembre, jour de l'investiture du candidat élu. En fin de compte Kinshasa attend des signaux forts du nouveau président. Ce dernier ne s'est toujours pas exprimé depuis que la Cour Suprême
Kinshasa attend qu'il mette fin à l'impunité dans son entourage, qu'il mette fin au pillage des ressources naturelles, qu'il diminue les clivages sociaux et les inégalités... Kinshasa attend surtout qu'il paie mieux les fonctionnaires et les enseignants, qu'il stabilise la monnaie, qu'il crée des emplois, qu'il assure la sécurité des habitants, qu'il cantonne sa garde vu les sévices qu'ils infligent aux populations qui vivent près de leurs camps... Kinshasa attend tant du nouveau président, Kinshasa n'est-elle pas réputée ville de la contestation?
Mais Kinshasa n'est pas le Congo... Le reste du Congo a aussi ses revendications. A l'Est (Kivu, Province Orientale...), les habitants attendent qu'il mette fin aux incursions armées et qu'il boute dehors les envahisseurs (entendaient les rwandais et rwandophones), qu'il paie les fonctionnaires et assure la sécurité des biens et personnes. Dans le Kasaï (au centre) on attend du nouveau président qu'il mette fin au pillage systématique des ressources naturelles du pays (notamment du diamant).
Pauvre Kabila, les congolais attendent tant de lui que l'on s'attend déjà à ce qu'il se casse la figure. Mais qui sait ne l'a-t-il pas dit lui-même, il risque de nous surprendre tous... Alea jacta est!
21 septembre 2006
Multiplicité, diversité et pluralisme télévisuel; État de lieux des grilles de programmes de télévisions Kinoises
Introduction
La démocratisation de la vie politique et la libéralisation de l’espace médiatique congolais qui lui est corollaire, ont favorisé l’implantation de plusieurs stations de radio et de télévision en République démocratique du Congo. Dans une étude publiée en avril 2004, le Professeur Kayembe a identifié 52 télévisions concentrées dans les principaux centres urbains[1]. Des chiffres qui semblent dépassés aujourd’hui si l’on se réfère aux statistiques de la Haute Autorités
Quelles stratégies adoptent ces médias pour conquérir et fidéliser leurs publics ? Selon quels modèles fonctionnent – ils ? Quels supports techniques utilisent – ils ? Quelles sont les préférences du publics par rapport aux émissions proposées ?..., autant de question ayant suscité des recherches, scientifiques ou non, menées, sous des angles aussi multiples que divers afin d’appréhender la véritable nature de cette évolution - révolution.
Partant du postulat selon lequel la libéralisation (pris dans le sens de la fin du monopole et de l’ouverture de l’espace médiatique à la concurrence) est un gage du pluralisme du contenu médiatique, nous tenterons, dans cet article, d’évaluer l’incidence de la libéralisation d’avril 1990 sur les programmes des télévisions en République Démocratique du Congo. Il s’agira plus précisément de procéder, à travers une lecture comparée des grilles de programmes, à un état de lieux du niveau de pluralisme dans la télévision kinoises. La portée plutôt limitée de cette étude est guidée par le souci de vérifier la légitimité scientifique du résultat d’une longue observation empirique des habitudes programmationnelle de la télévision congolaise en général et kinoise en particulier, avant de nous lancer, prochainement, dans une tentative d’explication de ce phénomène.
A cet effet, certains outils théoriques et conceptuels empruntés aux théories de la programmation nous seront d’un très appréciable apport. Il s’agit notamment des notions telles que le «découpage horaire», le «temps d’antennes » et le «moment de diffusion» chères à Guy Lochard et essentielles à la lecture d’une grille de programmes. Ces notions permettront, sans doute, de mieux comparer les choix programmationnels opérés par les télévisions de la Rdc.
Toute fois, face à l’immensité du champ à explorer (28 télévisions pour la seule ville de Kinshasa sur les 62 que compte le pays), nous limiterons notre intérêt à quelques télévisions, parmi les plus regardées, selon le résultat du sondage sur les médias à Kinshasa, publié par le cabinet Expert[4].
Cadre conceptuel.
Il pourrait paraître superflu de se lancer à la vérification du niveau de pluralisme dans un contexte d’opulence télévisuelle telle que souligné ci – haut. Ce sentiment de vanité proviendrait, sans doute, d’une tendance générale et quelque peu généralisée à réduire l’extension de la notion de pluralisme à sa seule dimension technique.
Pourtant, dans son acception la plus extensive, cette notion renvoie à la doctrine d’après laquelle les êtres qui composent le monde sont multiples, individuels, indépendants et irréductible à une substance unique[5]. Cette irréductibilité apparaît encore plus clairement lorsqu’on ajoute, par exemple, les épithètes « politique » et « juridique » au substantif pluralisme. Dans le premier cas, c’est pour désigner un système où sont reconnus les divers organismes représentant les courants de d’opinion, tandis que dans le second, il s’agit de la coexistence de plusieurs systèmes de droit au sein d’un même ordre juridique.
Appliquée à l’objet de la présente analyse, cette interprétation philosophique de base à la société humaine, nous conduit à considérer le pluralisme médiatique, et télévisuel dans ce cas précis, comme la jonction de la pluralité des supports (stations de télévision) et de la diversité des contenus des programmes. La pluralité étant une « réelle réalité » au vu du nombre des télévisions opérationnelles en RDC, c’est de la diversité des contenus dont il sera vraisemblablement question ici. Cette dernière s’entend, tant au niveau de la grille (en terme de formats et des genres d’émissions) qu’à l’intérieur des émissions proprement dites (s’agissant de différents points de vue émanant de toutes les couches et catégories sociales). Comme le fait remarquer Gilbert Maoundonodji s’agissant de la radio[6], si la pluralité des supports est une condition nécessaire, elle n’est pas suffisante pour garantir le pluralisme télévisuel. Un même opérateur, l’Etat ou un privé, peut créer et contrôler plusieurs télévisions, imposer le même contenu des programmes et être le seul pourvoyeur d’informations de culture et de divertissement. On parlera, dans ce cas de figure, d’un pluralisme quantitatif ou numérique qui ne diffère en rien à un régime de monopole.
Ceci étant, la complexité de la communication télévisuelle nous impose d’aborder l’analyse du pluralisme à partir d’un double mouvement empirique puis théorique. Le mouvement empirique nous amènera, d’entrée de jeu, à une lecture comparée des grille des programmes des télévisions avant de chercher, dans la théorie, les éléments d’explication au constat qui en découlera.
Dans une telle perspective, la grille de programmes nous intéressera de manière particulière, dans la mesure où elle représente, selon Guy Lochard et Henri Boyer, l’instrument par excellence de l’activité[7] de planification par laquelle une télévision organise de rencontres entre ses propres intentions discursives et les attentes supposées de ses téléspectateurs. Elle constitue une prévision plus ou moins détaillée, pour chaque jour de la semaine et pour les différents moments de la journée, répondant au besoin de mise en rapport de deux disponibilités : celle des téléspectateurs et celle des programmes. Dans ces conditions, son élaboration s’appuiera sur des données d’études sociologiques d’utilisation du temps de loisir, de la présence des individus à domicile, de temps consacré à la télévision…, qui aident à une parfaite articulation du temps social et du temps télévisuel. Comme on peut s’en rendre compte, la confection d’une grille de programme ne peut donc aboutir qu’à une solution de compromis ; qui doit, ce pendant pour être efficient, offrir les gages d’équilibre et de cohérence. Selon l’analyse de Paul Beaud, Patrice Flichy et Monique Sauvage[8], une grille de programme intervient comme un double garant, pour le téléspectateur. Garant de la diversité, elle sensée répartir dans la journée et la semaine les différents genres et contenus d’émission. Garant de la continuité, elle propose un quadrillage du temps télévisuel, aujourd’hui ininterrompu, articulé autour de plusieurs temps forts, qui divisent la journée en périodes : Day -time, acces - time, prime - time, second - time.
Ce découpage de la journée en période horaire est mieux explicité par Frédéric Antoine[9] qui préconise que la lecture d’une grille doit se faire verticalement et horizontalement. Dans sa dimension verticale, la grille découpe la journée en tranches horaire suivant la disponibilité des téléspectateurs devant la télévision. Ces tranches, dont les principales sont le day - time, l’acces - time, le prime - time et le second - time, sont disposées de haut en bas sur la grille de programme.
Frédéric Antoine définit le prime - time comme la période de la plus grosse audience télévisuelle quotidienne [10](situé entre 19 heures et 22 heures aux USA, de 18h 30’ 30’
La pratique montre, quant à elle, que la gestion du prime - time diffère en fonction des missions que s’assigne chaque station de télévision. Dans le cas (quelque peu idéaliste) des télévisions sans ressources publicitaires, il représente le moment d’assumer la vocation de service publique en permettant un large accès aux publics le plus diversifiés. Pour les télévisions à vocation commerciale, il est le moyen de rendre les audiences «isomorphes » à celle des visées par les annonceurs afin de justifier les tarifs des créneaux publicitaires.
A l’opposé, le day - time et le second - time, au nom d’une segmentation en public spécifique (jeune, femme au foyer, personne de troisième age, etc.) comporteront essentiellement des émissions ciblées. La programmation de l’acces - time est conçue, quant à elle, pour fédérer progressivement autour d’un public - noyau la plus large audience : celle du prime - time.
Toute fois, ce découpage est fonction de l’agglomération d’un public varié étant donné que les emplois du temps de différentes catégories diffèrent. Les limitations temporelles des différentes tranches varient également selon les pays, les villes, les saisons, les jours de la semaine, etc.
Les études menées sur les habitudes de consommation de la télévision à Kinshasa[12] permettent de situer le prime time entre 18h 30’
Pour clore ce chapitre, reprécisons que l’analyse du pluralisme télévisuel ne doit pas seulement s’appliquer à la grille des programmes. Elle doit, pour être complète, s’étendre aux différents genres contenus dans celle - ci. Bernardo Amigo Latorre soutient même à ce propos que l’outil qui permet à une chaîne de télévision d’agir sur le téléspectateur et à ce dernier de comprendre le statut du discours véhiculé par une émission en particulier, c’est le genre[13].
Toutes fois, nous avons choisi, pour des raisons présentées en introduction, de ne pas succomber à la tentation de procéder à l’évaluation du pluralisme à l’intérieur des différents genres, ce qui mériterait plus d’un article. Il nous semble plus pertinent de limiter notre intervention à la grille de programme au nom de la présomption, à l’origine du processus d’élaboration de cet outil, de l’existence d’une intentionnalité communicationnelle. Poursuivant dans cette même logique, les différentes émissions seront regroupées en quatre principales catégories (et non selon les genres) que sont Information (le JT dans ses multiples formes), Publicité (y compris celle contenue dans des émissions sponsorisées), Divertissement (film, théâtre, variétés, jeu, talk show, …), Documentaire et Magazine (toute autre émission de plateau ne faisant partie des catégories pré – citées). C’est la confrontation entre ces catégories, tant en terme de moment de diffusion qu’en celui de temps d’antenne, que sera déterminé le niveau de pluralisme.
Construction de l’univers de recherche
Pour cette étude, nous avons choisi d’analyser les programmes de quatre chaînes de télévision les plus regardées, selon le dernier sondage réalisé par le cabinet Experts. Ces chaînes ont également l’avantage d’offrir la possibilité de comparer les stratégies programmationnelles des deux différents types qui dominent le paysage audiovisuel congolais, à savoir télévisions publique et commerciales. Bien plus, l’expérience acquise par ces chaînes (RNTC 40 ans, AA 15 ans et RAGA, 10ans) leur a permis de se positionner comme des modèles sur base desquels leurs sœurs et non moins concurrentes nouvellement crées, calquent leurs stratégies de programmation respectives. Toute fois, l’idée de départ était d’y associer, pour faire complet, les télévisions dites confessionnelles ou religieuses de plus en plus nombreuses. Mais notre effort à vouloir reconstituer les grille de programmes, non disponibles auprès des ces chaînes, par un travail de monitoring quotidien s’est avéré vain, suite à des interruptions et changements ou modification fréquemment opérés en plein milieu d’émissions.
D’autre part, l’analyse des grilles de programmes concernera particulièrement deux tranches horaires : le prime – time et le day – time. Le premier, avons – nous dit, à l’avantage de fédérer autour de lui un public varié et populaire, tandis que le second vise un public spécifique. La stratégie déployée par les chaînes dans la gestion de ces tranches horaires demeure profondément révélatrice de la philosophie générale de leur programmation.
Etat de lieux de la programmation du Prime - time
Lundi (légende)[14]
Tranches |
RTNC |
Antenne A |
Raga TV |
Tropicana |
18h00’ |
Infos (en langue) |
Business Africa |
Série |
Sketch |
19h00’ |
Infos (les titres) |
Journal télévisé |
Actu (JT) |
Journal (JT) |
19h03’ |
Sports | |||
19h30 |
Pub |
Pub | ||
19h50’ |
Pub |
Pub | ||
20h00’ |
Le Journal |
|
Rendez-vous | |
20h05’ |
Variétés musicales | |||
20h30’ |
Pub-messages- |
Théâtre Lis boy fondation |
Théâtre les abeilles | |
21h00’ |
Vivement Elections |
Infosport (Mag) | ||
21h30 |
Sportissimo (mag) |
Téléfilm |
La lecture de ces grilles révèle que les différentes chaînes de télévision proposent, à 19h00’, des éditions d’information et que celles – ci sont à chaque fois suivies des tranches publicitaires. Le prime – time, reste dominé par une forte présence de la Publicité qu’on retrouve entre 20h30 et 21h00 sur toutes les chaînes, soit dans une tranche ad hoc, soit dans des programme de Divertissement ou de Magazines sportifs sponsorisés. Toutes fois la RTNC se démarque quelque peu des autres en encadrant les deux tranches de publicité placées avant et après sa grande édition du journal par deux magazines. La RTNC arrive en tête des programmes d’information avec 93 minutes, suivi de Tropicana 50 minutes et de Raga et Antenne A avec30 minutes chacune. Cette tendance reste inchangée de lundi ç vendredi. Raga et RTNC proposent respectivement 90 et 77 minutes des magazines dont deux (en raison d’un par chaîne) consacrés au sport sont sponsorisés (par une même marque). Pour leur part, Antenne A et Tropicana consacrent une bonne partie du prime – time au divertissement (AA 60min et Tropicana 150minutes) fortement parqué par la publicité.
Mardi
Tranches |
RTNC |
Antenne A |
Raga TV |
Tropicana |
18h00’ |
Infos (en langue) |
Monde du Droit |
Série |
Dessin animé |
19h00’ |
Infos (les titres) |
Journal télévisé |
Actu (JT) |
Journal (JT) |
19h03’ |
Tribune des femmes | |||
19h30 |
Pub |
Pub | ||
19h50 |
Pub |
Pub | ||
20h00’ |
Le Journal |
Théâtre Simba |
Théâtre Afrik’Art | |
20h05’ |
Sketch ping pong | |||
20h30’ |
Pub-messages- | |||
21h00’ |
Maintenant la police |
Top 10 |
RDV des Stars |
Sportropic |
21h30 |
Pub |
Téléfilm |
L’information se maintient à 19h00’ sur les quatre chaînes et la publicité avec. A l’exception de la RTNC, les autres chaînes proposent à leurs téléspectateurs, entre 20h00’ et 21h00’ des télés dramatiques (ou théâtre populaire) fortement marquées par des messages publicitaires. A partir de 20h30’ la chaîne publique rejoint les autres avec la diffusion de la publicité pendant 30 minutes avant de proposer le magazine de la police nationale. En terme de temps d’antenne, l’information garde son volume horaire tandis que le divertissement gagne du terrain (AA 90min, Raga 150 min) avec une toute aussi forte présence publicitaire. Seule la RTNC résiste en maintenant deux magazines à vocation éducative avant et après le journal.
Mercredi
Tranches |
RTNC |
Antenne A |
Raga TV |
Tropicana |
18h00’ |
Infos (en langue) |
Prédication |
Série |
Prédication |
19h00’ |
Infos (les titres) |
Journal télévisé |
Actu (JT) |
Journal (JT) |
19h03’ |
Mélodies divines | |||
19h30 |
Pub |
Pub | ||
19h50’ |
Pub |
Pub | ||
20h00’ |
Le Journal |
A cœur ouvert |
Regards croisé | |
20h05’ |
|
Théâtre les abeilles | ||
