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Cri_Media de LP

Nous voulons partager, avec tous les consommateurs des médias dans le monde (africains et congolais en particulier), leur perception du contenu des médias. - LP -

18 septembre 2006

Quelle presse pour la RDC?

Un peuple a les dirigeants qu'il mérite entend on souvent dire... Je pourrais paraphraser en disant qu'un pays a la presse qu'il mérite.

La liberté d'expression est un droit et comme tous les droits il faut se battre pour en jouir. C'est comme la démocratie, on ne vous l'offre pas sur un plateau d'argent tel le vent de démocratisation qui a soufflé sur le continent africain mais c'est au prix d'une lutte acharnée, aux prix des révoltes et des sacrifices que naissent les vraies démocraties.

Après le vent démocratique des années 90 et ces démocraties calquées sur les modèles occidentaux, que constate-t-on aujourd'hui en Afrique? Ce sont de nouvelles dictatures qui ont vues le jour, des dictatures au pouvoir de repression encore plus fort... muselement de la presse, arrestation des opposants, climat de terreur sur les populations, populations qui croupissent dans la misère...

Le vent démocratique a aussi apporté l'éclosion de la presse (en nombre pas nécessairement en qualité), multiplication des titres des journaux et des chaines de radiotélévision, débats politiques plus ouverts...

La RDCongo n'est pas en reste. Elle pourrait même être le pays africain avec le plus grand nombre de chaines de télévisions (une bonne quarantaine) et de titres de journaux. Seulement, les chaines naissent et les programmes sont identiques (variétés musicales, et porte voix des propriétaires de ces chaines). Parce que tout homme politique a "sa" chaine de télévision au Congo. Et la chaine nationale appartient au pouvoir en place.

Lors des tristes événements d'août 2006, l'on s'est bien rendu compte que tous les organes de presse avaient une tendance on ne peut plus claire. Lorsque les chaines de télévision de sieur Bemba ont été coupées (CCTV et CKTV) et leurs corollaires (RLTV et Molière TV dans une moindre mesure), la population congolaise a eu droit à de la musique à longueur de journée et sur toutes les chaines restées actives à Kinshasa alors que la ville était en feu.

Les journalistes dignes de ce noms ont ils le droit de se taire pendant que des événements aussi importants se déroulent dans leur pays? Ces porte voix du peuple ont-ils le droit de faire comme si de rien n'était alors que leurs confrères étrangers (RFI par exemple) donnent des nouvelles sur ce qui se passe sur le terrain?

L'on ne pourra pas dire que c'est par manque de moyens que l'on s'est tu. Et c'est une honte pour le pays qu'il y ait eu un tel silence... Un silence complice... Ou alors c'est par crainte des représailles que les autres chaines ont préféré s'automuseler. Et c'est toujours par crainte des représailles que durant toute la durée de la fermeture illégale des 4 chaines précitées (CCTV, CKTV, RLTV et Molière TV), aucune chaine de télévision continuant à émettre à Kinshasa n'a affiché sa solidarité envers les chaines muselées.

Et c'est toujours par crainte des représailles qu'aucune coorporation des journalistes (JED-Journaliste en Danger- l'a fait mais un peu tard à notre avis) n'a exigé d'une manière ferme l'ouverture immédiate de ses chaines. Alors que leurs "confrères" étaient en chômage forcés, l'on faisait comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes... crainte des représailles...

Et en ce moment le siège du Mouvement de Libération du Congo (MLC), parti cher à JP Bemba est en feu, c'est au même endroit que les deux chaines de télévision (CKTV et CCTV) ont leurs studios. Accident? Incendie? Sabotage?... Attendons le soir pour voir quel traitement sera réservé à cet incendie dans les chaines locales... Attendons demain pour voir si une enquête digne de ce nom sera ouverte pour faire la lumière sur cet événement...

Mais en attendant, nous avons les dirigeants que nous méritons, la justice que nous méritons... la presse que nous méritons!...

Kingli

Posté par L_K_N à 18:14 - Médias - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Kabila-Bemba : Et que fait-on des victimes ?

Le 20, 21 et 22 août 2006 sont désormais des dates que les kinois (et congolais en général) n’oublieront pas de sitôt. En effet, la garde présidentielle (gssp) du président Kabila et la garde du Vice-président Bemba se sont affrontés dans la capitale congolaise sous le nez de la communauté internationale (Monuc et Eufor). Une enquête indépendante devrait être mise sur pied pour évaluer les dégâts et établir les responsabilités...

 

Au lendemain du 31 juillet 2006, les commentaires fusent de partout, la population de la République Démocratique du Congo (RDC) s’est rendue aux urnes pour élire son président et ses députés. Chacun y va du sien, le peuple congolais s’est montré "discipliné", "mature", "responsable"....

C’est vrai que l’on craignait le pire ! Mais il y eut plus de peur que de mal. Le peuple congolais a démontré, en ce jour mémorable du 31 juillet 2006, qu’il tenait à ce qu’un nouvel ordre politique issu des urnes voit le jour en RDC.

Après 3 décennies de dictature du feu Président Mobutu, une longue transition de plus de quinze ans (la transition a commencé en 1990, après le fameux discours du 24 avril 1990 de Mobutu ouvrant la porte au multipartisme), le régime de 1+4 (entendez un président et quatre vice-président), il était effectivement temps que l’on passe à autre chose.

Et tout le monde croyait que l’on y était arrivé ! Mais au soir du jour prévu pour la proclamation des résultats de la présidentielle, des armes crépitent en ville. La tension est perceptible à Kinshasa. On est le dimanche 20 août 2006. Il y a deux favoris, le président sortant Joseph Kabila qui a raflé la majorité des voix à l’Est du pays et le Vice-président Jean-Pierre Bemba qui est, au vu des chiffres publiés jusque là par la Commission Electorale Indépendante (CEI), le candidat de l’ouest et est particulièrement adulé dans la capitale où il a drainé une foule immense lors de son dernier meeting de campagne(le 28 juillet 2006).

A Kinshasa comme ailleurs dans le pays, l’on s’attend à ce que le président Kabila soit déclaré le vainqueur de la course. Mais les attentes des uns et des autres reposent sur des socles différents. Effectivement, si à l’Est du pays la population est confiante et sûre que Kabila gagnera de bonne guerre (malgré les accusations à la tricherie que ne cesse de lancer le Vice-président Azarias Ruberwa à son endroit), la majeure partie des habitants de l’ouest est sûre que si Kabila est proclamé vainqueur ce sera suite à la fraude qui a émaillé les scrutins.

Lorsque les balles commencent à crépiter avant la proclamation des résultats, chacun retient son souffle et croise les doigts pour que le pays ne retombe pas dans la guerre. La Force européenne (Eufor), venue épauler la mission onusienne (Monuc) pour la sécurisation des élections en RDC, lance des appels au calme vers la population par le biais de la radio onusienne (radio Okapi) et demande à tout le monde de quitter le centre ville et de rentrer chez soi.

Les minutes s’egrennent et tout le monde scotché qui à son poste de radio, qui à son écran de télévision attend avec impatience le moment où l’abbé Appolinaire Malu Malu, président de la CEI, viendra fixer l’opinion sur les résultats de la présidentielle. Ce moment arrive ! Et soulagement pour tous (sauf peut-être pour le camp de Joseph Kabila!), il y aura un second tour qui opposera Joseph Kabila (44,81% des voix) et Jean-Pierre Bemba (20,03% des voix). Ce second tour est prévu pour le 29 octobre 2006.

Soulagement, ai-je dit ? La matinée du lundi 21 août a comme de l’électricité dans l’air. Des sources proches de la Monuc, l’on apprend que le Représentant de cette mission, Mr Swing, aurait essuyé des tirs au sortir d’une rencontre qu’il avait eu la veille au soir avec le Vice-président Bemba. Il n’aurait eu la vie sauve qu’à sa voiture blindée.

Vers 15h00, alors qu’il est en compagnie des ambassadeurs des membres du CIAT (Comité International d’Accompagnement de la Transition), dont ceux des États-Unis d’Amérique, de Grande-Bretagne, de France et de Belgique ainsi que le chef de la Monuc, Jean-Pierre Bemba échappe à un bombardement de sa résidence par la Garde présidentielle de Kabila. Les participants à la réunion se réfugient dans les caves de la résidence, jusqu’à ce qu’un détachement dede l’Eufor évacue les personnalités assiégées.

D’autres affrontements se déroulent en divers autres endroits de la ville. Plus tard dans la journée, une dizaine de blindés et 150 soldats de l’Eufor se déploient en des endroits stratégiques de la ville. Une autre résidence de Jean-Pierre Bemba sera également l’objet d’une attaque aux environs du boulevard du 30 juin.

Le matin du 22 août, les troupes présidentielles prennent position à l’aéroport de N’djili et la résidence de Jean-Pierre Bemba fait l’objet de nouveaux tirs à l’arme lourde dans le courant de la matinée. Des véhicules de la Monuc ont pris position autour de celle-ci.

Le calme est revenu dans la ville aux environs de midi, et un accord est intervenu entre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba visant au rétablissement de la situation prévalant au 20 août. La Monuc accupe désormais les principales artères de Gombe, dont le boulevard du 30 juin. Des patrouilles mixtes Monuc / Eufor / Police nationale congolaise / forces de Kabila et de Bemba sont prévues pour faire respecter l’accord.

Les affrontements de ces trois jours auraient fait au total 23 morts et 43 blessés selon le Ministre de l’Intérieur Théophile Mbemba Fundu, essentiellement à Gombe, et notamment dans les environs du boulevard du 30 juin.

Des sources proches des principaux hopitaux de la capitale (Clinique Ngaliema, Clinique Kinoise, Hôpital Général...), on parle de plus d’une centaine de morts et beaucoup plus dans les rangs de la garde de Kabila. Ces morts auraient été ramassés sur la chaussée et entérrés dans le plus grand secret.

Une mini enquête avait été mise sur pied comprenant les représentants des deux protagonistes et la communauté internationale. Les résultats de cette enquête n’a pas encore été rendue publique. Une autre enquête plus large devrait aussi voir le jour mais l’on attend encore. Depuis la poignée de main des deux adversaires le 13 septembre dernier, les enquêtes sur les affrontements de leurs gardes respectifs ne sont plus à l’ordre du jour. Raison avancée ? Decrisper la tension.

En attendant, ces enquêtes rejoignent la longue liste des enquêtes congolaises ouvertes et non élucidées... des crimes impunis. Pour les familles des morts, victimes d’un affrontement dont on ne comprend pas les causes (vu que les deux adversaires sont tous retenus pour le deuxième tour), il faudrait établir les responsabilités !

Kingli

Posté par L_K_N à 17:05 - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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